FEMMES D'ORIENT

Ensemble féminin d'Orpheus 21

Depuis l’aube des civilisations, la femme marche dans l’histoire comme une lumière discrète mais éternelle. Souvent invisible, parfois éclatante, toujours déterminante, elle fut au cœur du pouvoir, du savoir et de la survie des sociétés. Là où l’on croyait voir l’ombre, il y avait une colonne ; là où l’on parlait de silence, il y avait transmission.

Sous le soleil du Levant, dans les plaines de Perse, sur les montagnes d’Arménie, dans les terres d’Afrique et dans les régions kurdes, des femmes se sont levées et ont gouverné. Zénobie, reine de Palmyre (Syrie actuelle), fit trembler Rome par son audace. Hatchepsout, pharaonne d’Égypte, bâtit son royaume comme une œuvre d’art. Ndaté Yalla Mbodj, reine du Waalo (Sénégal actuel), résista aux envahisseurs français. Bûrândukht, souveraine perse, recousait un empire déchiré. Parandzem, reine d’Arménie, résista jusqu’au dernier souffle. Dans les montagnes kurdes, les femmes se distinguèrent par leur courage et leur détermination. Elles furent la preuve que le pouvoir n’a jamais eu de genre, seulement du courage et de la vision.

La grandeur de la femme ne se limite pas aux trônes et aux batailles. Elle s’enracine dans le quotidien. La femme est donneuse de vie et chargée de l’expression de la tristesse dans plusieurs sociétés, life giver and death dealer. Donner la vie n’était pas un simple acte biologique : c’était un geste fondateur. Par elle passent la langue, les coutumes, les récits, la manière de penser le monde.

Dans l’ombre des foyers, elle administra, organisa, préserva, mais elle ne se limitait pas aux tâches domestiques. Elle travaillait aussi aux champs, aux côtés des hommes, assumant un double rôle indispensable à la survie et à la prospérité des communautés. De ses mains naquirent les savoirs essentiels : le fil tissé, le pain pétri, les plantes guérisseuses, les gestes de l’artisanat. Ces connaissances, transmises avec patience et mémoire, furent le socle des économies locales et la clé de la survie collective.

Chaque étape de la vie a été portée par la voix des femmes. De la berceuse murmurée à l’enfant nouveau-né aux lamentations accompagnant le deuil, des chants de travail rythmant les gestes aux chants destinés à la jeune mariée, du chant nuptial aux chants religieux, la femme a chanté pour transmettre, soutenir, consoler et rassembler. Le chant n’était pas un simple ornement : il était mémoire vivante, outil d’apprentissage et lien entre les générations. À travers la musique, les femmes ont sauvegardé l’histoire orale, gravé les émotions collectives et encouragé les corps dans l’effort. Chanter, c’était enseigner sans livre, résister sans arme et faire circuler la vie là où les mots seuls ne suffisaient plus.

Aujourd’hui, nous célébrons la femme : non comme symbole, mais comme vie qui pulse à chaque instant, dans chaque geste, chaque souffle et chaque note. Ensemble, nous faisons entendre l’histoire que les femmes ont écrite, invisible mais éternelle, en témoignage de patience, de courage, de force... et de cette puissance unique de donner, de ressentir et d’agir.

MUSICIENNS

Waed Bouhassoun ( Syrie ) : oud , voix , direction artistique

Senny Camara (Sénégal ) : Voix & Kora
Carole Marque B. Kaftandjian ( Arménie ) : voix & Duduk

Sozdel Garcias ( Kurd-Syrie) : Qanun
Saina Zamanian (Iran) : Tar
Firoozeh Raeesdana : Voix & Kamancheh ( Iran)
Nora Thiele : Percussion, multi -instrumentiste ( Allemagne )

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